La formation à l’éthique doit s’ancrer dans la complexité et prendre en compte à la fois les dimensions techniques, scientifiques mais aussi sociales, économiques et environnementales.
Les élèves-ingénieur.e.s, suite à la première période de confinement, font la demande que toutes les disciplines scientifiques commencent par “un focus sur ses enjeux, les risques, …”. Ils demandent qu’on leur donne des outils d’analyse. Aussi, fournir une grille à l’enseignant pour structurer la problématique de la discipline consiste bien à rappeler qu’on n’a pas besoin d’être des experts de l’éthique pour parler d’éthique. L'objectif d’une formation à l’éthique réside dans la mise en œuvre d’une discussion.
Pas de leçon de morale, pas d’attitude moralisatrice de la part de l’enseignant : l’enseignant est garant que tous puissent s'exprimer; l'enseignant accompagne la réflexion dans le but de l'approfondir le plus possible, poussant les étudiants à argumenter toujours davantage.
Quelle neutralité possible ? Quelle distanciation par rapport aux dilemmes ou débats proposés aux étudiants en classe ? Certains outils, comme la cartographie des controverses, peuvent aider l'enseignant à construire cette distanciation. Mais il faut être conscient que la subjectivité de l’enseignant ne peut être totalement supprimée.