S’il peut paraître a priori délicat d’évaluer les étudiants en matière d’éthique, il est toutefois important de rappeler qu’en la matière le résultat de la réflexion, c’est-à-dire la position personnelle adoptée par l’étudiant.e, ne donne pas lieu à évaluation : il s'agit bien d’évaluer la démarche qui a conduit à ce positionnement et la qualité des arguments mobilisés.
Autrement dit, si vous souhaitez noter les étudiants sur la partie éthique de votre cours, vous allez davantage juger de leur capacité à mener une réflexion éthique en lien avec les problématiques de la discipline enseignée que les positions ou valeurs qu’ils choisissent de défendre sur un sujet donné.
Par ailleurs, vous pouvez considérer plus intéressant de réaliser une auto-évaluation par les étudiants. L’idée est alors d’encourager l'étudiant à mesurer lui-même sa progression, à prendre du recul sur la formation reçue, à l’accompagner dans son appropriation du cours. Il n’y a pas d’objectif de niveau à atteindre mais il y a un objectif d’évaluation de la progression de chacun.
Il y a plusieurs intérêts dans le fait de permettre aux étudiants de s’auto évaluer, ou de s’auto-positionner, l’un d’entre eux réside dans la co-construction de la grille critériée, qui offre la possibilité aux étudiants d’expliciter ce qu’ils ont compris de la compétence ou de l’aptitude à développer, et de percevoir la marge de progression. Un autre est de permettre aux étudiants, comme aux formateurs d’ailleurs, de réaliser qu’au fur et à mesure de la formation, la grille est susceptible d’évoluer puisque les références sur lesquelles les étudiants s'appuient pour construire la grille évoluent elles aussi.
Vous trouverez ci-après des exemples de grille critériée et de grille de niveau permettant d’effectuer une auto-évaluation :
Exemple 1 : Cette grille s’inspire dans la colonne 1 de la méthode hexalogique imaginée par V. Cathelineau (http://transistore.fr/index.php/accompagnement), les deux autres colonnes ont été crées par Vincent Gerbaud (vincent.gerbaud@ensiacet.fr)
Exemple 2 : Cette grille est issue du travail d’Olivier Morin, Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation. « Education à la citoyenneté et construction collaborative de raisonnements socioscientifiques dans la perspective de la durabilité : pédagogie numérique pour une approche interculturelle de QSV environnementales » Sous la direction de Laurence Simonneaux et de Jean Simonneaux. Laboratoire de Sciences de l’éducation, ENFA Toulouse à propos de la RSSD (Raisonnements SocioScientifiques dans la perspective de Durabilité) : (Version 2 de la thèse de O. Morin, 2013, page 151, https://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-00962300/document)
Enfin, vous pouvez aussi décider de ne pas évaluer cette partie-là de votre cours. L’expérience montre que les étudiants participent très fortement, même sans évaluation.
Exemple d’éléments qu’il est possible d’évaluer :
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Capacité à repérer et présenter les enjeux éthiques sur un sujet donné
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Aptitude à déterminer les valeurs, les grands principes en jeu dans une situation qui apparaît problématique d’un point de vue éthique
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Capacité à argumenter en faveur d’une position ou d’une autre par rapport à un sujet qui est proposé
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Aptitude à entrevoir les conséquences d’un choix qui serait effectué dans le cadre d’un dilemme éthique
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